Comment s'informer sans devenir anxieux
Vingt-trois notifications avant le café. Pas une ne m'a rendu plus libre.
Un matin, j’ai compté. Vingt-trois notifications avant le café, dont onze me parlaient d’un monde en train de s’effondrer. À midi, je n’avais rien décidé, rien compris de plus, mais j’avais peur. C’est de là que je pars, pas d’une théorie.
Selon le Digital News Report 2024, une part croissante du public évite volontairement l’actualité, par fatigue et par anxiété. Reuters Institute ↗
Le réflexe serait de tout couper. Mais se boucher les oreilles n’est pas de la paix, c’est une autre forme de fuite. Le funambule ne saute pas dans le vide pour échapper au vertige.
«
Le premier qui parle dans sa cause paraît juste ; vient l’autre partie, qui l’examine.
»On peut faire l’hypothèse que ce n’est pas l’information qui nous épuise, mais le rythme auquel elle nous parvient.
Je crois, sans pouvoir le prouver, que s’informer est devenu un acte spirituel : choisir ce à quoi j’accorde mon cœur.
Je n’ai pas de méthode propre à vous vendre. La juste distance, je ne l’ai pas trouvée.
Je ne sais pas où placer la frontière entre m’informer et me protéger. Je cherche encore.
Si cette lecture vous laisse plus inquiet qu’avant, refermez-la : elle aura manqué son but. Amour ou mépris, paix ou anxiété, écoute ou orgueil, c’est à cela qu’on reconnaît une parole juste.